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09.01.23
Energie

Chauffer le climat ?

À ce jour, environ 60% des logements en Suisse sont encore chauffés avec des combustibles fossiles, c’est-à-dire au mazout et au gaz. Les 40% restants sont répartis majoritairement entre chauffage au bois et chauffage avec pompe à chaleur. Ces dernières années les choses ont évolué : près des 75% des bâtiments construits depuis 2011 ont été équipés d’une installation avec pompe à chaleur alors que moins de 2% des bâtiments ont été dotés d’un système à mazout.

Toutefois, malgré les efforts pour les nouvelles constructions, la Suisse reste un mauvais élève. En 2019, nous étions le pays consommant le plus de mazout dans toute l’Europe.

Office fédéral de la statistique, 2022 Source
Swissinfo, 2019 Source

Pour atteindre l’objectif de la confédération visant zéro émission de CO2 nette en 2050, il nous faudrait cesser d’utiliser tous les systèmes d’énergies fossiles d’ici 2030. Un grand challenge pour les prochaines années !

Alors comment changer ? Avant de se précipiter pour changer sa chaudière, il est important dans un premier temps d’analyser la situation dans laquelle vous vous trouvez. La solution pourrait ne pas être celle que vous pensiez !

Étape 1 : Analyse CECB & comprendre son contexte

En premier lieu, il vous faudra faire un bilan énergétique global de votre maison. Le CECB est le rapport qui analyse l’état existant d’un bâtiment en prenant en compte son isolation, sa production et sa consommation d’énergie. Ceci vous donnera une note qui permettra de situer votre bien énergétiquement parlant. Cette note va de A à G : A étant un bâtiment très performant et G un bâtiment qui consomme trop d’énergie.

Mieux encore, faites réaliser un CECB plus, soit une analyse plus poussée, qui permettra de proposer et développer différentes solutions concrètes pour améliorer la performance de votre bâtiment, adaptées à son contexte.

Il est bon à savoir que ce genre d’analyses est de plus en plus subventionné par les cantons et les communes. Cliquez ici pour voir si votre commune participe financièrement à ces demandes.

Étape 2 : L’isolation

Dans de nombreux cas, améliorer l’isolation est le moyen le plus économique et le plus efficace sur le plan énergétique, car cela va aider à conserver la chaleur dans votre maison. L’installation d’un nouveau système de chauffage n’est pas forcément la solution la plus rationnelle et la plus économique à entreprendre en premier lieu, d’autant plus si votre système de chauffage fonctionne encore !

En Suisse, environ 80 % des bâtiments sont mal isolés et 80 % de ces derniers présentent des défauts d’isolation plus spécifiquement au niveau du plafond de la cave. Or ces zones sont relativement faciles et donc peu coûteuses à isoler, tout en permettant déjà une réduction des besoins en chauffage de 20% à 40 %. Notre bureau spécialiste en conseil et accompagnement en énergie, préfère optimiser les investissements d’améliorations énergétiques plutôt que de nous engager dans des rénovations lourdes et coûteuses sans avoir considéré l’ensemble des paramètres : la surconsommation de travaux a un coût en énergie grise non négligeable !

Prenons l’exemple concret d’un petit immeuble de 3 étages construit en 1928 situé à Lausanne. Les besoins en chaleur et d’eau chaude sont assurés par une chaudière à Mazout et sa distribution se fait à travers de radiateurs. Comme chauffage d’appoint, un poêle à pellet à été installé. Au niveau de l’isolation, le bâtiment est peu isolé et certaines dalles n’ont même aucune isolation. Avec ce contexte en main, nous avons pu analyser l’existant et les potentielles rénovations nécessaires.

Suite à l’analyse réalisée par SHIFT, nous avons pu établir que dans cette situation, la variante la plus économique, simple et rapide, consistait à améliorer l’enveloppe par l’isolation des façades, des plafonds et de la cave. Nous avons également recommandé la révision des systèmes de contrôle des vannes thermiques des radiateurs et de passer à une régulation par pièce (plutôt qu’un thermostat centralisé).

Suite à ces travaux, nous observerions les changements suivants:

  • L’impact CO2 passerait de 74 kg à 25 kg par m2/an
  • Les coûts énergétiques passeraient de 10’610 CHF/an à 3’984 CHF/an.

Les mesures énergétiques de cette variante permettent des économies d’énergies à hauteur de 50% sur les besoins en chaleur standards par rapport à l’état initial.

Les graphiques ci-dessous représentent les pertes de chaleur par transmission et montrent quels sont les éléments de construction qui perdent le plus d’énergie ainsi que les économies financières faites par éléments.

Dans le prochain blog nous nous concentrerons sur le changement du système de chauffage et ces différentes variantes !

Pour mieux comprendre votre contexte et vos besoins en rénovations énergétiques, n’hésitez pas à nous contacter directement ! Notre secteur spécialisé en énergie saura vous accompagner de ce genre de démarches avec professionnalisme et neutralité.

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